Le Tagi Valine

Ce large territoire situé à l’est de Raille, se compose à la fois de vastes plaines humides et de marécages. Une expression bien connue des entités de la région dit d’ailleurs « remettre les pieds dans l’eau ». Cela signifie revenir à Tagi Valine après un voyage dans une autre région. Revenir au pays en somme.

L’expression est tout à fait légitime car vous ne serez pas souvent au sec dans cette contrée. Mieux vaut se procurer des bottes bien imperméables avant de s’y rendre. Ou bien faites comme la majorité des autochtones : vivez pieds nus.

Cette particularité est aussi à la base d’un des phénomènes les plus remarquables du monde onirique. En effet, lorsqu’il fait suffisamment sombre, c’est à dire que peu d’étoiles brillent dans le ciel du Midjatt’, le noir de l’espace se reflète alors dans l’eau au sol. Au final, les témoins de ce phénomène ont l’impression de ne plus savoir où se trouve le ciel et où se trouve le sol tant l’illusion est forte de marcher dans le cosmos. On se sent perdu entre ciel et terre en quelque sorte.

Ce magnifique événement est surnommé par les habitants de la région « Polaris » et sert aussi de prétexte à de nombreuses fêtes et autres commémorations dans les villes et villages du Tagi Valine. Les thématiques et traditions de ces célébrations sont diverses et variées dépendent fortement des localités en question.

Le Tagi Valine est une région où les disparités au sein de la population sont restées plus vivaces qu’ailleurs. Cette tradition autonomiste à tous les échelons se retrouve d’ailleurs dans la politique de sa gouvernante. Kiva’Adikssa.

De toutes les régions du royaume de Raille, La Tagi Valine est la seule laissant clairement paraître des velléités d’indépendance. Ces dernières sont certes pacifiques mais néanmoins formellement exprimées par sa gouvernante et ses proches à chaque visite officielle à Raille. Ces revendications passaient encore récemment au second plan dans l’opinion des habitants de la région.

Toutefois, l’apparition puis l’explosion du nombre d’attaques de monstre-cauchemars a changé la donne. En effet de nombreuses attaques ont eu lieu ces derniers temps. Des victimes sont hélas à déplorer, alors que la population de la région comme ailleurs a depuis longtemps perdu l’habitude de la violence.

Sachant que sa légitimité en tant que gouvernante est en jeu. Kiva’Adikssa a cherché à prendre rapidement le problème à bras le corps. Elle a commencé à former ses propres troupes afin de protéger la contrée. Surtout le sud du Tagi Valine qui est plus souvent encore victimes de ces monstre-cauchemars.

Depuis la capitale régionale Augure, elle demande sans cesse des renforts et des moyens supplémentaires de la capitale Raille. Kiva’adikssa se plaint souvent des réactions de Raille qu’elle juge trop molle.

Le point d’achoppement le plus significatif de ces tensions reste la récente capture de plusieurs individus appartenant de toute évidence à la Réunification, et originaire du monde des hommes. (Voir chapitre consacré). La gouvernante a décidé d’en faire des exemples. Une missive expliquant leur sort a d’ailleurs largement circulé dans la région et même au-delà de ses frontières : ils seront vigoureusement interrogés, promptement jugés, puis condamnés à « l’ostracisme ». Il s’agit là d’une forme de condamnation qui n’avait plus eu cours depuis la fin des guerres contre les mages sombres.

De grande colonnes en pierres noires sont construites, fines et extrêmement longues, elles montent haut dans le ciel. Le condamné est placé tout en haut sans aucun moyen d’en redescendre. Et avec tout juste assez de place pour se retourner. Les entités ne pouvant disparaître de cause naturelle, elles y subissent par conséquent un châtiment sans fin. Afin d’éviter toute aide extérieur, un sortilège d’oubli est apposé sur la colonne et toute personne oublie rapidement qu’une personne se trouve à son sommet. Mêmes ceux qui ont pourtant été proches de cette dernière.

Raille a récemment demandé de pouvoir juger les condamnés via le grand conseil royal, mais Kiva’Adikssa a catégoriquement refusé.

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La région est également connue pour ses marécages situés principalement à l’est de la région et où à l’origine vivaient les cornus. Ces derniers se sont depuis largement dispersés pour s’installer progressivement aux quatre coins du royaume, mais nombre d’entre eux continuent d’habiter leur marécage d’origine où ils ont bâti un véritable réseau de pilotis et de village faits de bois et de boue séchée.

Enfin, il serait fâcheux de passer sous silence l’élément qui rebute la plupart des voyageurs désirant se rendre dans cette région : les Bourdicoles.

De la taille d’une mouche, les bourdicoles sont réputés piquer toute sorte d’entité afin de leur absorber leur énergie, dont eux-mêmes ont besoin pour voler. La piqure n’est pas très douloureuse mais donne une furieuse envie de se gratter à celui qui en est victime. De plus, si la victime se voit ainsi enlever trop d’énergie, elle peut se fatiguer ou avoir des difficultés à canaliser de la magie.

Il n’est jamais facile de se prémunir totalement contre les bourdicoles. Le plus simple étant de s’habiller avec des vêtements recouvrant l’intégralité du corps. Une autre méthode efficace est de faire de temps en temps une prière à l’esprits de l’air que l’on nomme Havarii. On raconte que si les esprits élémentaires existent réellement, alors c’est assurément lui qui contrôle les bourdicoles. Cela peut sembler étrange à première vue, mais pour l’heure personne lui faisant quotidiennement ses prières ou étant lié à l’élément de l’air n’a rapporté avoir été piqué par l’un de ses insectes.

Autre moyen de s’en prémunir : accompagner des personnes ayant plus d’énergie que vous-même. En effet les bourdicoles s’en prennent toujours à celui qui possède la plus grande quantité d’énergie. Autrement dit ; les gardes oniriques détestent particulièrement cette région.

L’épine des vents

Cette montagne fine et haute se dresse solitaire en plein centre de la Tagi Valine. Rompant ainsi singulièrement la typographie plate des environs. C’est sa forme qui fait qu’on surnomme cette montagne « l’épine ». Pour le « vent » la raison est tout autre : un vent permanent et irrésistible balaie toute la zone empêchant ainsi quiconque d’approcher de cette mystérieuse montagne.

Pour beaucoup, ceci est la preuve que l’esprit du vent existe bel et bien et qu’il vit au sommet de cette montagne. Et qu’il ne souhaite pas recevoir de visites. Pour d’autres, il ne s’agit que d’une énième malédiction toute droit héritée de l’époque des guerres.

Peut-être existe-il des moyens de contrer ce vent mais si certains y parviennent, ils ne cherchent visiblement à partager l’information avec le tout-venant. Et c’est bien dommage.

Le vent a au moins le mérite de servir de haut-lieu pour les amateurs de planeurs, de paravents et de cerfs-volants en tout genre.

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